À Vannes, petite enfance devrait rimer avec grandes ambitions

Tribune parue dans le Vannes Mag n°113 – Septembre 2018

Le départ des familles à cause d’un immobilier devenu inaccessible, confirmé par la chute de 13% des effectifs des écoles vannetaises sur la période 2003-2013, constitue un signal inquiétant. Nous avions pourtant alerté l’actuelle majorité municipale sur l’enjeu de la mixité sociale et générationnelle totalement sous-estimé dans le nouveau PLU mais elle s’est obstinée dans sa politique libérale de spéculation foncière et de fragmentation urbaine.

Contrairement à ce que certains tentent de camoufler, la précarité est en outre bien présente à Vannes et frappe de plus en plus durement, notamment les familles : augmentation du nombre de ménages habitant le parc social avec près de 45 % des demandeurs qui déclarent un revenu mensuel de 795 euros pour une famille avec un enfant, hausse de +16% du nombre de familles et de +26% du nombre d’enfants accueillis en 2017 (par rapport à 2016) par l’accueil mère-enfant-point bébé de la Croix Rouge. Et encore il ne s’agit que de la partie visible de l’iceberg de la pauvreté à Vannes, qui est une réalité pour un nombre croissant de nos concitoyens. Concernant la réussite des enfants, en particulier dans les deux quartiers prioritaires, l’engagement du Maire de « renforcer la continuité éducative et de soutenir les établissements scolaires » n’est pas tenu avec la fermeture du collège Montaigne qu’il a clairement cautionnée et la fusion précipitée des écoles de Ménimur qu’il a imposée.

Nous notons que le Maire et son équipe ont très récemment communiqué sur de nouvelles annonces qui apparaissent bien tardives : schéma directeur des équipements numériques dans les écoles publiques, création d’une aire de jeux inclusive… L’approche des prochaines élections municipales ne doit être qu’une simple coïncidence !

En matière d’inclusion des enfants en situation de handicap, la création d’une aire de jeux dédiée, si elle répond à un besoin avéré, ne va pas dans le sens d’une ville qui devrait favoriser l’accueil, la rencontre et la mixité pour tous les enfants dans tous les quartiers de la ville. S’agissant des écoles numériques, nous avons exprimé notre incompréhension devant le trop faible nombre d’ordinateurs en fond de classe (trois) et la limitation des vidéoprojecteurs aux écoles maternelles des seuls quartiers prioritaires alors que cet équipement peut servir à tous les apprentissages (phonologie, numération, etc.). Comme l’a démontré le prix Nobel d’économie James Heckman, chaque euro consacré à un très jeune enfant permet d’en économiser jusqu’à huit plus tard dans les domaines de la protection sociale, de l’éducation, de la sécurité.

Nous souhaitons à chacun-e d’entre vous, notamment les enfants et leur famille, une très belle rentrée 2018 !

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