Action Cœur de Ville. À Vannes, les méfaits d’un attentisme centrifuge

Tribune parue dans le Vannes Mag n°114 – novembre 2018

Le dispositif national « Action Cœur de Ville » vise à redynamiser les centralités des villes moyennes et de leur agglomération. Nous ne pouvons que souscrire à cette démarche alors que de nombreux défis, qui concernent au premier chef les centres-villes, doivent être relevés : la mixité sociale, le renouvellement urbain, l’équilibre commercial ou la réduction de notre empreinte écologique. Ce dispositif permettra aussi d’aller chercher des recettes supplémentaires et de ne pas augmenter les impôts locaux comme le Maire l’a fait à deux reprises au début de ce mandat.

Nous invitons cependant à la plus grande prudence face aux effets d’annonce dont David Robo est coutumier : sur les 5,3 millions d’euros d’actions complémentaires, près de 70% ont d’ores et déjà été effectivement dépensés et sur les 9,3 millions d’actions matures, les crédits, déjà programmés, pour le confortement de la chapelle Saint-Yves et des ouvrages d’art des jardins des douves représentent à eux seuls 84% des inscriptions budgétaires…

Quoi qu’il en soit, l’inscription de Vannes dans le dispositif « Action Cœur de Ville » constitue une nouvelle preuve que la situation du centre-ville est loin d’être aussi idyllique que certains veulent le faire croire. Entre 2004 et 2014, le nombre de logements vacants a plus que doublé dans le centre-ville, passant de 10% à 22% ! Outre l’accessibilité et la taille des logements, il est urgent de prendre enfin en compte la question du coût pour les ménages. La ville doit mobiliser tous les outils de régulation et réviser sa politique en matière de logement social : exonérer les opérations de moins de 20 logements du quota de logements sociaux, alors que l’essentiel des opérations en centre-ville sera inférieur à ce seuil, est une faute pour l’avenir.

Le départ de la CPAM et des administrations aura, quant à lui, de lourdes conséquences sur les commerces. Pourtant, le Maire a refusé au début du mandat notre proposition de solliciter Foncier de Bretagne pour accompagner une vaste requalification de cet îlot stratégique autour du Palais des Arts avec une fonction Congrès renforcée.

En matière de mobilités alternatives à la voiture, avec plus de 15 ans de retard, nous en sommes encore au stade des études pour dessiner des voies réservées aux bus… Nous payons là l’inertie de la majorité vannetaise, dont, faut-il le rappeler, David Robo est membre de l’exécutif depuis 10 ans et maire depuis plus de 7… Et pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour engager une étude sur la remise à niveau des infrastructures pour la pratique du vélo ? Si la proximité des futures élections municipales peut provoquer une telle prise de conscience, tant mieux, mais que de temps perdu !

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