Ayons de l’ambition pour la future agglomération !

Tribune du IMG_703812 juillet 2016

Les débats parfaitement légitimes autour du nom de la future agglomération qui sera issue de la fusion de Vannes agglo et des communautés de communes du Loc’h et de la presqu’île de Rhuys confirment nombre de nos inquiétudes.

Il faut en premier lieu rappeler que, lors du conseil communautaire du 16 juin 2016, le groupe minoritaire de Vannes agglo a été à l’initiative d’un débat sur la dénomination de l’agglomération après avoir appris par la presse les trois propositions de noms retenues par le “comité de pilotage fusion” dont le Maire de Vannes fait partie. Nous avons ainsi obtenu à l’arraché l’inscription d’une quatrième proposition “Vannes Golfe du Morbihan Agglomération” soumise aux votes des élus et des agents des 34 communes concernées mais aucun élu de l’exécutif communautaire, composé notamment du Maire de Vannes et de plusieurs de ses adjoints, n’a alors jugé bon de prendre parti, contrairement, par exemple, aux représentants de la communauté de communes de la presqu’île de Rhuys qui avaient retenu “Golfe du Morbihan Agglomération”. Il faut également noter l’absence de ce point à l’ordre du jour du conseil municipal de Vannes qui s’est pourtant réuni le 24 juin sous la présidence de David Robo.

Lors de la réunion du 7 juillet à laquelle étaient conviés les élus communautaires des trois intercommunalités, il faut ensuite préciser qu’aucun débat préalable au vote n’a eu lieu sur le choix du nom. Passons sur les problèmes techniques qui ont invalidé le premier vote réalisé par l’intermédiaire de boîtiers électroniques et la deuxième tentative n’a pas levé tous les doutes. Passons enfin sur le silence assourdissant du Maire de Vannes durant cette réunion alors qu’il siégeait à la tribune en compagnie du président et du premier vice-président de chacune des trois intercommunalités. A nouveau, nous payons au prix fort son absence d’anticipation.

Bien que tardive, la réaction du Maire de Vannes appelant à une nouvelle délibération sur le nom va dans le bon sens et valide la proposition que nous avons formulée il y a maintenant un mois, même s’il est contradictoire d’annoncer un souhait de discuter “un choix qui n’est pas discutable”. Au passage, il est tout à fait prématuré d’avancer que la future assemblée communautaire sera composée de 90 élus, dans la mesure où un éventuel accord local n’a encore fait l’objet d’aucun vote des communes concernées.

Ces rebondissements difficilement compréhensibles pour nos concitoyens illustrent cependant les difficultés de construction d’une nouvelle agglomération qui semble reposer sur le plus petit dénominateur commun au détriment de notre territoire, de son développement, de ses entreprises et de ses habitants. Cette construction décisive pour l’avenir fait les frais des tractations en vue de composer l’exécutif de cette future intercommunalité et de calculs politiciens à courte vue au sein d’une droite locale en ébullition plus préoccupée des échéances électorales (législatives et sénatoriales notamment) à venir que de l’affirmation de la quatrième agglomération bretonne.

Plus grave, si l’intégration du nom même de la ville-centre provoque autant d’opposition, qu’en sera-t-il quand la nouvelle agglomération devra investir des millions d’euros pour le pôle d’échanges multimodal, le tourisme d’affaires ou les voies réservées aux bus, autant d’infrastructures certes principalement situées à Vannes mais au bénéfice de l’ensemble de l’agglomération ? Est-ce à dire que le développement de la ville-centre, cœur de l’agglomération, indispensable pour dynamiser les 34 communes et pour répondre aux besoins de leurs entreprises et de leurs 170.000 habitants serait soumis aux rapports de force internes à la droite du Pays de Vannes ?

Nous demandons donc une nouvelle fois de clarifier les intentions des uns et des autres sur ces différents sujets au cours des prochaines semaines dans le cadre d’un large débat associant tous les élus et de relancer la procédure portant sur le nom de la nouvelle agglomération afin de favoriser des échanges sereins et constructifs dans l’intérêt de notre territoire et de ses habitants.

Simon UZENAT
Conseiller municipal et communautaire de Vannes

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