Bic à Vannes : tous mobilisés pour l’emploi !

Communiqué de presse du 13 janvier 2019

À la suite du mouvement social engagé par les salariés vannetais de Bic Écriture 2000, j’ai pris l’initiative d’aller, la semaine dernière, à leur rencontre sur site afin de leur témoigner le soutien des élus municipaux de « L’ALTERNANCE » et d’échanger avec leurs représentants sur la situation et les solutions de sortie de crise.

Contrairement à ce que certains ont laissé entendre, l’entreprise Bic n’est pas en difficulté, comme l’illustrent les bénéfices dégagés. Le projet présenté par la direction, qui consiste à redéployer la production des stylos 4 Couleurs, Velocity/Gelocity et Atlantis sur les sites de Bizerte en Tunisie et de Marne-la-Vallée avec des lignes d’assemblage supplémentaires pour « compléter le besoin en capacité », en atteste également. Le marché des instruments d’écriture connaît certes des tensions avec une baisse de la demande et une hausse des coûts de certaines matières premières, entraînant « un ralentissement de la croissance du chiffre d’affaires », mais cette croissance demeure.

Dans ce contexte, l’annonce brutale de la fermeture du site vannetais et de la suppression de 30 postes a logiquement suscité une levée de boucliers, alors que la stratégie de la direction semble privilégier l’amélioration de la seule rentabilité financière à l’exclusion de toute autre considération. Nous avons ainsi appris que, dès la fin 2015 dans le cadre du « projet SAMER », elle prévoyait de « transférer vers le site de Bizerte des lignes de produits à faibles parts de marché ». Selon la direction, la fermeture du site vannetais, quant à elle, « contribuerait à optimiser l’outil industriel, avec des réductions de coûts annuelles de 1,7 million d’euros et des synergies sur les fonctions indirectes ». Nous avons également découvert que la direction refusait par principe « la location d’un bâtiment industriel et l’aménagement d’un nouvel atelier Écriture » à Vannes car cela « n’aurait pas été conforme à la stratégie industrielle du Groupe BIC qui privilégie les usines en pleine propriété ». La direction a donc préféré fermer un site et supprimer des emplois plutôt que de louer un bâtiment, dans l’attente d’une solution plus pérenne !

Alors que l’entreprise rappelle l’importance des dépenses marketing, notamment pour sa campagne « Made In France », il faut enfin préciser que, contrairement à ce que certains dirigeants de Bic Écriture ont affirmé, les élus locaux, en particulier ceux de l’agglomération pourtant compétente en matière de foncier économique, n’ont à aucun moment été sollicités pour trouver des solutions alternatives ni même informés des intentions des dirigeants de Bic Écriture 2000. Nous le regrettons d’autant plus vivement que les uns et les autres étaient et restent bien évidemment disponibles pour faire en sorte que le maintien de l’outil industriel et des emplois sur notre territoire se réalise avec une structure de coûts maîtrisée.

Face au danger de l’enlisement, nous appelons à notre tour, en complément d’un dialogue social renoué et respectueux des femmes et des hommes, à une table ronde réunissant tous les acteurs du dossier, direction, représentants des salariés, élus locaux, parlementaires et État, afin de trouver la meilleure issue possible, au plan économique et social, pour préserver les emplois et les savoir-faire sur notre territoire. Et nous saluons aussi tous les chefs d’entreprises locaux qui se mobilisent pour offrir un reclassement aux salariés concernés.

Pour “L’ALTERNANCE”
Simon UZENAT

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