CC du 30/04/2015 – Bordereau n°6 – Schéma de Cohérence Territoriale : débat sur les orientations du projet d’aménagement et de développement durable

Intervention de Simon Uzenat au nom du groupe “Pour un agglo créative et solidaire”

Conseil Communautaire de Vannes Agglo, 30/04/2015

Monsieur le Président,
Chers collègues,

Je voudrais pour ma part revenir sur les enjeux sociaux du PADD ou, pour être plus précis, sur leur absence dans le document qui a été diffusé.

Nous pouvons vous faire crédit de louables intentions lorsque vous évoquez ainsi un « dynamisme économique (…) qui valorise les atouts (…) environnementaux », mais où sont donc passés les objectifs tout aussi importants de mixité et de cohésion sociales, piliers du développement durable, a fortiori avec la labellisation PNR qui exige la plus grande exemplarité en la matière ?

Multipolarité, fluidité, agilité, liberté de choix, autant de concepts parés de toutes les vertus au premier regard mais comment prenons-nous en compte celles et ceux, malheureusement nombreux, confrontés à la précarité, la pauvreté, l’inquiétude du lendemain, qui avant d’avoir la liberté de choix aimeraient déjà pouvoir choisir, qui avant de songer à la fluidité et à l’agilité, aimeraient déjà pouvoir travailler et se déplacer ?

Vous me répondrez très probablement que l’action sociale n’est pas une compétence intercommunale. C’est en partie vraie seulement tant les communautés sont et seront amenées à jouer un rôle de plus en plus important en la matière, songeons simplement aux CIAS.

Par ailleurs, notre responsabilité d’élus est globale et les enjeux sociaux dépassent de très loin la question des prestations sociales ou de l’accompagnement des plus démunis. Il ne faut pas l’oublier, la « fluidité », pour reprendre votre terme, la fluidité sociale est une réalité depuis bien longtemps, comme le démontrent tristement les travailleurs pauvres. Nous sommes tous potentiellement vulnérables et donc concernés.

Sans procéder à une lecture exhaustive du document d’orientations, quelques exemples qui illustrent ces manques criants dans les politiques publiques sectorielles auxquelles nous aurions pu substituer ou du moins ajouter des grands objectifs, en particulier la mixité sociale.

En matière économique, l’oubli de l’Economie Sociale et Solidaire est particulièrement révélateur et néglige un gisement d’emplois durables, non délocalisables, qui fait la part belle à l’insertion et à la participation, comme l’ont rappelé de nombreux intervenants lors des éco-territoriales. Dans la même veine, aucune référence au tourisme social qui doit pourtant être une priorité pour que la destination Golfe du Morbihan, conformément à la lettre et à l’esprit de la charte du PNR, reste accessible au plus grand nombre, sans oublier les habitants de Vannes agglo.

A cet égard, dans une logique de péréquation dont la collectivité porte la responsabilité, le développement du tourisme d’affaires doit s’appuyer sur des équipements performants et sur des choix clairs. L’extension du Parc des expositions ne nous semble, de ce point de vue, ni raisonnable ni souhaitable.

Nous sommes également en désaccord avec votre approche consistant à affirmer que l’industrie et l’agriculture doivent pouvoir évoluer vers une économie circulaire uniquement lorsqu’elles le souhaitent. Nous pensons au contraire que c’est à la collectivité d’encourager ces évolutions en conditionnant ses aides et interventions diverses en ce sens ! Etant entendu qu’il n’est pas question d’opposer les formes d’économie mais bien de soutenir la diversification économique.

S’agissant de la politique en faveur du haut débit, nous déplorons l’absence de toute mention relative à la fracture numérique qui demeure une réalité dans notre intercommunalité, une réalité sociale et territoriale. La prise en compte de cette question qui ne se réduit pas aux équipements mais concerne également les usages devrait être effective dans ce document d’orientations.

Concernant l’eau, la gestion économe et partagée de la ressource aurait dû comporter une réflexion sur la mutualisation à venir de la compétence et sur la mise en place d’une tarification sociale pour être véritablement efficace.

Enfin, sur l’urbanisme, le foncier et le logement, je ne reviendrai pas sur ce qu’a très bien dit mon collègue Luc Foucault. Il aurait été intéressant d’afficher des priorités dans les quartiers, en particulier de logements sociaux collectifs, qui feront l’objet d’opérations de renouvellement urbain car les coûts de ces projets ne permettront pas de satisfaire tous les besoins. Et la mixité sociale ne doit pas s’arrêter aux portes des zones littorales même si les moyens seront sans doute conséquents : il en va de la survie de ces communes.

Pour conclure, nous ne pouvions pas passer sous silence le passage relatif à la production de logements. 1450 logements par an à construire entre 2016 et 2030. Un chiffre élevé alors que vous n’avez pas pu atteindre vos précédents objectifs. Comme d’habitude, vous en ferez porter la responsabilité à l’Etat et aux années 2012 à 2015 au hasard bien sûr. Mais le plus frappant est le phasage retenu et qui fait débuter le déploiement de la production en 2022, c’est-à-dire après la fin de votre mandat. Vous laissez donc aux futurs élus la responsabilité de répondre aux besoins, un sens aigu de la solidarité !

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