CM du 25/06/2018 – Bordereau n°17 – Rapport 2017 sur la mise en œuvre de la politique de la ville

Intervention de Simon Uzenat

Monsieur le Maire, Chers collègues,

Si ce rapport annuel est imposé par la loi et comporte naturellement quelques éléments récurrents, nous regrettons néanmoins le traitement dont il fait l’objet.

Nous avions voté un programme de 80 actions mais la ventilation par piliers ne donne pas le même résultat… Nous avons par ailleurs noté un très grand nombre de phrases identiques à celles contenues dans le rapport de l’année dernière, au point que l’année 2016 n’est parfois même pas remplacée par l’année 2017… Nous espérons que l’évaluation à mi-parcours du contrat de ville permettra notamment d’actualiser les données démographiques et de revenu médian qui, à l’unité près, n’ont pas varié depuis trois ans, ce qui semble totalement improbable. Un indicateur nous a notamment interpellés : le nombre de familles et d’enfants pris en charge en 2017 par l’accueil mère-enfant-point bébé de la Croix Rouge. Par rapport à 2016, le nombre d’enfants est en progression de +26%, le nombre de familles de +16% et cette hausse atteint même 19% pour les familles de Kercado et Ménimur. Et encore il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg de la pauvreté à Vannes qui est une réalité pour un nombre croissant de nos concitoyens.

En plus de rendre compte du bilan de l’année écoulée en matière de politique de la ville, un tel rapport a aussi pour mission d’éclairer utilement les réflexions pour les programmations ultérieures. Or, nous ne disposons d’aucun outil de pilotage budgétaire. Vous citez, page 8 du rapport, « les tableaux financiers en annexe 1 » mais vous avez visiblement oublié de joindre ces tableaux aux documents qui ont été adressés aux élus. Nous demandons qu’à l’avenir ces fichiers soient systématiquement transmis ainsi que les tableaux actualisés de déclinaison opérationnelle des enjeux et objectifs du contrat de ville.

Alors que le rapport concerne bien « les quartiers prioritaires vannetais de la politique de la ville, à savoir Kercado et Ménimur », comme l’indique la délibération, vous avez unilatéralement ajouté aux actions financées la maison de quartier de Conleau et le Centre socioculturel Rohan/La Madeleine. Si nous comparons, à périmètre équivalent circonscrit aux QPV, les financements de la ville de Vannes dans le cadre du contrat de ville, nous observons une diminution sensible de près de 28% entre 2015 et 2017, qui va bien au-delà des deux justifications apportées l’année dernière avec le transfert des tickets sport et de la prévention spécialisée. Quoi qu’il en soit, ces chiffres exigent plus que jamais une comptabilité analytique seule à même de permettre d’observer précisément les mouvements budgétaires, notamment en matière de réaffectation de certains emplois auparavant supportés par les centres socio-culturels. Elle devrait également séparer les crédits de fonctionnement et d’investissement car ils n’obéissent pas aux mêmes logiques.

Et au passage, contrairement à ce qui est écrit dans le corps de la délibération, nous ne validons pas ce rapport, nous en prenons bien acte. Nous souhaiterions donc que la phrase contenant ce terme et figurant au deuxième paragraphe soit retirée.

S’agissant des actions, nous demeurons plus que dubitatifs quand nous lisons que ce contrat a notamment pour objectif, je cite, de « renforcer la continuité éducative et de soutenir les établissements scolaires ». Avec la fermeture du collège Montaigne que vous aviez clairement cautionnée et la fusion précipitée des écoles de Ménimur que vous avez imposée, au point que le prochain directeur du groupe scolaire ne sera pas titulaire, votre bilan n’est pas conforme aux ambitions affichées. Nous regrettons également que l’indicateur du délai moyen de réponse concernant l’orientation des enfants et des familles vers le PRE ait disparu.

Nous devons par ailleurs vous faire part de notre inquiétude quant à l’évolution envisagée pour la répartition des options entre le collège Saint-Exupéry et le collège Jules Simon : nous refusons que l’établissement de Ménimur n’accueille que les activités sportives et que celui du centre-ville concentre les activités culturelles. L’ambition de mixité que nous devons tous porter ne saurait s’accommoder d’une telle division sociale des options scolaires, d’autant plus avec le succès exemplaire de la CHAM de Saint-Exupéry.

Sur la création de projets culturels participatifs, des interrogations se font jour quant à l’avenir de l’opération « Ménimur en scène » dont l’édition 2018 ne devrait pas voir le jour. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Concernant l’enquête demandeurs d’emplois menée par la ville de Vannes, il nous semblerait judicieux que ses résultats soient communiqués aux élus municipaux au regard des attentes très fortes des habitants en matière d’emploi.

S’agissant de la réussite des jeunes des quartiers prioritaires, nous renouvelons notre demande, formulée lors du dernier conseil municipal, de mener un travail de communication et de pédagogie pour encourager un maximum de jeunes des quartiers à utiliser les aides proposées par la Mairie (Pro’Jeunes, permis, BAFA…). Il faut absolument traiter ce constat qui a été formulé dans les diagnostics des contrats de projets des centres socio-culturels. A la différence du rapport 2016, il manque par ailleurs le tableau détaillé de l’opération argent de poche.

Nous déplorons enfin une nouvelle fois la faiblesse des moyens en faveur de la tranquillité publique avec un nombre d’actions en baisse de 25%, malgré leur part relative déjà très faible de 6% dans le contrat de ville. L’arrêt de la cellule restreinte du CLSPD et le transfert de la prévention spécialisée auraient dû conduire la ville à proposer de nouvelles actions, notamment dans le cadre de la GUP et en lien avec une présence renforcée de la police municipale, tant les besoins en présence humaine sont criants.

En matière de démocratie, vous écrivez, je cite, que « la participation des habitants a toujours été au cœur de la politique de la ville ». Vous oubliez de rappeler que cette participation citoyenne a été heureusement imposée par l’État il y a trois ans maintenant et avec des débuts compliqués à Vannes, comme en attestent les problèmes récurrents de calendrier avec des délais trop courts pour associer au mieux les acteurs locaux et une concertation qui se transforme trop souvent en information. Même s’il y a eu des progrès en 2017 par rapport à 2016, le mois entre l’appel à projets et la transmission des dossiers se révèle encore bien insuffisant.

Leave a Reply