CM du 12/12/2014 – Bordereau n°38 – Contrat de Ville 2015-2020

Intervention de Simon Uzenat

On peut comprendre la logique de ce bordereau, nous avons le Président de l’Agglomération et le Maire, cela ne nous surprend pas plus que ça au regard de l’histoire, de la proximité qu’entretient la ville sur ces quartiers. En revanche, je profite de la présence du Président de l’Agglomération pour le dire, on souhaiterait que ce ne soit pas le signal d’un refus d’engagement de l’Agglomération sur la question sociale. Ce n’est pas du tout un procès d’intention parce que nous voterons cette convention. Mais s’il est vrai que si les deux quartiers concernés sont bien sur le territoire de Vannes, on sait très bien que les problématiques posées ne sont pas statiques et impliquent aussi des structures et des habitants sur d’autres communes de l’Agglomération. Donc une approche intercommunale sera quand même, d’une
manière ou d’une autre, importante dans les années à venir. Je pense que l’on y viendra.

Deuxième point, il nous semble indispensable de revenir sur ce qui s’est passé à Kercado et à Ménimur. Tout d’abord, pour ce qui nous concerne nous avons clairement pris position, nous avons condamné fermement les actes de délinquance qui ont été perpétrées dans les quartiers, notamment à l’égard des forces de l’ordre, des pompiers. Là je crois M. le Maire, qu’on se rejoint, il n’y a pas de différence entre nous et c’est important de le redire. Sur cette question et plus précisément celle concernant le contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance, nous aimerions que cet outil important, qui peut bénéficier de fonds au plan national en fonction de priorités qui correspondent plutôt bien à ce que vivent les habitants des deux quartiers concernés soit saisi.

Parce que la vidéo-protection c’est un outil, mais cela ne suffit pas, cela ne règle pas le problème. Il faut réactiver le contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance et en faire un outil efficace qui associe l’ensemble des parties prenantes. Lors des réunions de quartiers, la question de la présence sur le terrain, de l’îlotage, de la police nationale a été évoquée. Je crois qu’il faut s’investir sur cette question. Enfin sur la réunion de travail qui s’est tenue en mairie quelques jours après la survenue des premiers évènements. On doit vous avouer notre surprise de réunir ces professionnels pour découvrir qu’il y avait deux problématiques qui identifiées, liées aux jeunes de 16/22 ans et aux familles monoparentales. Honnêtement, conseillers d’opposition, nous avions déjà évoqué ces sujets déjà avant les vacances d’été. Je ne crois pas que vous aviez besoin de ces troubles et de cette réunion pour arriver à ces conclusions.

Donc, ce qui nous semble important sur ce sujet, ce sont des réalités dans les quartiers. Mais ce qui remonte aussi, c’est qu’il ne faut pas stigmatiser. Dans les familles monoparentales nous avons des mamans qui sont venues nous voir en disant : « oui, nous connaissons des difficultés comme des familles avec deux parents, et ce n’est pas parce que nous sommes familles monoparentales que l’on a plus de problèmes que d’autres ». Je ne dis pas que c’est votre discours, je dis simplement qu’il faut être prudent et au-delà de la question de la sécurité, ce qui nous préoccupe c’est bien les priorités concrètes en matière d’économie notamment. Il y a la requalification du centre commercial, mais ce n’est pas suffisant pour le quartier. Nous, nous avons proposé une pépinière de l’économie sociale et solidaire. Cela se fait dans d’autres villes et je pense que cela pourrait être une piste intéressante.

Puis enfin trois sujets : le logement, parce qu’évidemment certains habitants de Kercado nous font remarquer les travaux de rénovation à Ménimur et ils trouvent que cela a un intérêt. Pourquoi ne pourraient-ils pas bénéficier d’un programme de soutien pour lutter contre la précarité énergétique ? Le collège Montaigne dont nous savons très bien qu’il est en sursis et que ce n’est pas votre compétence directe, mais la ville doit pouvoir se positionner là-dessus. Puis enfin sur la question de santé, les addictions de façons générale, nous le savons très bien que sur les deux quartiers c’est une réalité. Vous menez des actions intéressantes comme dans le cadre du village des adolescents etc… mais il faudra aller plus loin avec un projet local de santé. Donc voilà le sens de mon intervention ce sont des propositions et une vigilance parce que dans les discours qui ont pu être retenus, certains s’en sont trouvés choqués et un peu perdus.

M. ROBO
Vous n’avez fait qu’enfoncer des portes ouvertes M. UZENAT dans les propos que vous venez de tenir qui n’ont aucun lien avec ce qui s’est passé. Moi j’ai passé trois nuits là-bas, je connais ces deux quartiers par cœur. Je travaille avec les gens qui sont sur le terrain avec les travailleurs sociaux de la ville, les centres sociaux, les gens de Vannes Golfe Habitat, donc vos propositions ont été écoutées et entendues.

M. UZENAT
Je n’ai pas été spécialement agressif dans mon intervention. Je dois vous avouer que là votre réponse honnêtement, « si vous étiez tous les jours sur le terrain », sous-entendant que nous, nous n’étions pas. Si vous travaillez si bien avec les acteurs de terrain, pourquoi n’avez-vous pas anticipé ? Ne tombez pas dans ce genre de discours !

M. ROBO
Vous incriminez les travailleurs sociaux qui sont sur le secteur ?

M. UZENAT
Non, non je parle de vous. Ce sont des propositions, ne dites pas que ce sont des portes ouvertes. Nous aussi nous étions sur le terrain, nous aussi nous étions aux réunions de quartier, nous aussi nous avons rencontré les habitants. Non, mais cet air satisfait, là, honnêtement, ce n’est pas possible. La situation est grave, vous le savez.

M. ROBO
La vraie différence est que moi je suis 7 jours sur 7 sur le terrain à Vannes.

M. UZENAT
Vous êtes payé près de 8 000 € pour le faire M. le Maire.

M. JAFFRE
Je crois M. UZENAT que ce n’est pas nécessaire de mettre de l’huile sur le feu. Là franchement, même dans les articles de journaux que vous avez fait paraître, vous avez incité un petit peu à la violence avec vos propos. Nous avions presque l’impression que vous étiez satisfait de ce qui se passait sur les quartiers. Moi j’ai honte des propos comme cela. Alors ne dites pas que M. le Maire ne fait pas son travail, il est plus que vous ne croyez sur le terrain. Nous tous d’ailleurs nous y sommes. Alors j’ai bien l’impression que si on veut vraiment travailler ensemble ce n’est pas en tenant des propos comme vous le faites que l’on va y arriver.

M. UZENAT
Vous parlez des articles dans la presse, nous avons fait un communiqué. Nous avons condamné très fermement la violence et on ne changera pas là-dessus. Ensuite il y a des réalités sociales. Je suis désolé, vous parlez de participation ; la réunion qui s’est tenue dans la foulée des premières émeutes, nous n’avons pas été informés, ni invités, vous pouviez le faire, vous ne l’avez pas fait. Et ensuite sur les propositions que nous faisons, ne les traitez de façon aussi méprisante.

Le levier économique, pas plus tard que lors de la réunion des 30 ans de l’ACEAP, cela a été soulevé comme une question importante par les acteurs de l’ASCEAP qui est aussi implantée à Kercado. Nous sommes aussi présents sur le terrain. Voilà, ne hiérarchisez pas des propositions s’il vous plaît. Jamais de la vie nous n’avons encouragé quoique que ce soit. Moi aussi j’étais le samedi soir sur le terrain avec Micheline. Et bien oui, vous n’y étiez pas. Nous n’avions pas de caméras ni de journalistes, on a eu l’occasion de rencontrer des habitants et de se retrouver dans des situations difficiles, On le voit, le dialogue se poursuit et dans mon intervention, si vous la reprenez ce sont des propositions.

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