Dragage du port : les Vannetais ont le droit de savoir

Communiqué de presse du 14 mars 2018

Après avoir interpellé le Maire sur le dragage du port de Vannes lors du conseil municipal du 12 février, nous apprenons par la presse que le volume de vases qui sera retiré s’élèvera à 50.000 m3. Après des années d’incurie liée notamment à la dégradation de la situation financière de la ville, le rétablissement des profondeurs est devenu une urgence absolue dont la majorité municipale a choisi d’externaliser la réalisation à la Compagnie des Ports du Morbihan, en contrepartie d’une délégation de service public pour 18 années et demi.

Alors que la dernière campagne de dragage date de 2003, rappelons que le conseil municipal de Vannes a adopté le 2 juillet 2010 une délibération qui arrêtait un plan décennal de gestion opérationnelle des dragages du port prévoyant la mise en œuvre de dragages plus réguliers, à savoir tous les quatre ans, et reconnus moins traumatisants pour l’environnement. Rappelons aussi que, dans le cadre de l’enquête publique réalisée à la suite de l’arrêté préfectoral du 28 novembre 2011, il avait été précisé que deux nouvelles campagnes de dragage devaient être programmées en 2012 (dragage total) puis en 2016 (dragage d’entretien). Rappelons enfin que ces décisions engageaient le Maire de Vannes, David Robo.

A l’époque, les propos étaient limpides : « La ville de Vannes souhaite réaliser courant 2012-2013 des travaux de dragage portant sur l’extraction d’environ 100.000 à 120.000 m3 de vases, à travers un dragage de la totalité du port (…) ». Force est de constater qu’aucune de ces deux campagnes, prévues en 2012 et 2016, n’a jamais connu le moindre commencement d’exécution alors qu’il revenait à la ville, et donc au Maire, de les mettre en œuvre. Lors de l’adoption de la délibération relative au partenariat public-privé pour le tunnel de Kérino, le Maire avait par ailleurs annoncé que le contrat avec Vinci porterait également sur les travaux de dragage du port et sur une campagne d’entretien. Or, il n’en a, là aussi, rien été.

Alors qu’il s’est écoulé cinq années depuis la date initialement prévue pour un dragage total évalué alors à plus de 100.000 m3, conduisant logiquement à un volume encore plus important en 2018, la quantité de boues serait miraculeusement divisée par deux ? Une nouvelle fois, nous demandons par conséquent à la ville de Vannes et à son délégataire de faire toute la transparence sur le dragage du port : s’agit-il d’un désenvasement partiel qui sera poursuivi en 2019 et 2020 ? Le volume de boues effectivement draguées a-t-il été volontairement réduit pour des raisons financières ? Après des années de négligence environnementale et financière, le port de Vannes doit faire l’objet d’un traitement approprié et ne pas être à moitié désenvasé. Nous resterons donc vigilants et mobilisés pour que les engagements en ce sens soient bien tenus.

Pour “L’ALTERNANCE”
Simon UZENAT – Christian LE MOIGNE – Micheline RAKOTONIRINA – Franck POIRIER – Roland FAUVIN

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