Lettre ouverte au Maire de Vannes sur l’abattage illégal d’arbres

Vannes, le 6 mars 2019

Monsieur le Maire,

Dans l’affaire des arbres abattus illégalement à Laroiseau, nous avons découvert grâce la presse que vos services ont été alertés de la destruction de cette haie arborée par mail et ce dès le début de cette opération, le 18 février dernier. Plusieurs courriels vous auraient ensuite été envoyés entre le 18 février et le 28 février ; des demandes de consultation de documents auraient également été formulées en vain. Et pendant ce temps, alors même que vous en étiez dûment informé, l’abattage s’est poursuivi en toute impunité ! Comment le comprendre ? Comment l’accepter ?

Alors même que vous multipliez les campagnes de communication pré-électorale en faveur de la protection de l’environnement, les Vannetais doivent-ils comprendre qu’il ne s’agit que d’un affichage bien tardif et largement insuffisant après des années de quasi-inaction au regard de l’ampleur de l’urgence écologique ? En tout état de cause, votre silence et votre inertie dans l’affaire de Laroiseau interpellent légitimement. 

Vous ne pouviez pas ignorer que cet alignement d’arbres figurait explicitement, au titre de l’article L. 151-23 du code de l’urbanisme, dans le plan de zonage du Plan Local d’Urbanisme approuvé par votre majorité en conseil municipal le 30 juin 2017. Il est clairement stipulé dans le règlement de ce même PLU que les alignements d’arbres de ce type « identifiés au plan de zonage doivent être préservés voire renforcés ». Parmi les modifications votées par votre majorité, vous aviez même fait ajouter, à l’époque, que « les travaux ayant pour effet de modifier ou de supprimer les haies et alignements d’arbres protégés doivent être précédés d’une déclaration préalable » ! 

Vous ne pouviez pas ignorer non plus que les services écologiques rendus par des arbres jeunes sont sans commune mesure avec ceux fournis par des arbres de plusieurs décennies, sans même parler de la faune et de la flore que ces derniers abritaient. Plutôt que de saisir le procureur et de demander des mesures compensatoires, vous auriez pu et vous auriez dû intervenir immédiatement pour empêcher cette destruction. 

Nous vous demandons par conséquent de bien vouloir communiquer aux élus municipaux l’ensemble des pièces du dossier (permis d’aménager, échanges de mails, notamment avant et depuis le 18 février, comptes rendus de réunions, …) pour faire la totale transparence sur les relations entre la mairie et le promoteur concerné ainsi que sur vos décisions. Nous vous demandons également de tenir ces mêmes élus informés de la procédure contentieuse en cours, des sanctions envisagées et du détail des mesures de réparation.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre très sincère considération.

Pour “L’ALTERNANCE”

Simon UZENAT – Micheline RAKOTONIRINA – Christian LE MOIGNE – Franck POIRIER – Roland FAUVIN

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