Pacte finance-climat européen

Conseil municipal du 4 février 2019 – Bordereau n°27

Intervention de Franck Poirier au nom du groupe municipal “L’ALTERNANCE”

Monsieur le Maire,
Chers Collègues,

Comme il s’agit d’un sujet pour nous d’importance et complexe, je me permets de commencer par faire quelques corrections sur le texte du bordereau, sur la 1re phrase. Les accords de Paris n’existent pas, il n’y en a qu’un, c’est l’accord de Paris et celui-ci n’a pas été signée en 2015 puisque la signature de l’accord était possible du 22 avril 2016 au 21 avril 2017. De plus, la France ne l’a ni signé, ni ratifié puisque c’est l’Union européenne qui s’est finalement déclarée compétente pour ratifier l’accord.

Par ailleurs, l’accord de Paris n’engage aucunement la France à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre puisque cet accord ne fixe aucun objectif contraignant par pays. Il y aurait donc 3 corrections à faire sur la première phrase du bordereaux.

Ce que vous évoquez dans cette phrase, c’est ce qu’on appelle le facteur 4 qui est un engagement pris par la France en 2003, bien avant l’accord de Paris, pour être conforme au protocole de Kyoto qui a été signé par la France en 1997 (il y a 22 ans). Cet engagement a été repris dans le Grenelle de l’environnement en 2007 puis plus récemment dans la loi de transition énergétique pour une croissance verte de 2013. L’objectif de la France reste bien de diviser nos émissions de gaz à effet de serre par 4 par rapport à celles de 1990, dit autrement de les réduire de 75%.

Le problème, c’est que depuis 2015, nos émissions de GES sont en augmentation constante. Depuis 2015, nous ne sommes plus sur la bonne trajectoire de réduction des émissions.

Dans ce contexte alarmant, notre groupe est totalement en accord avec ce qui est écrit dans ce bordereau, je cite « rassembler des citoyens, des acteurs du monde politique, associatif et économique  et lancer un appel solennel aux dirigeants européens dans l’optique de signer un pacte finance-climat qui met en place des financements nécessaires à la conduite de la transition écologique, à la réalisation d’investissements massifs dans la recherche et la lutte contre le réchauffement climatique ». Fin de citation.

La ville de Vannes propose de soutenir cette démarche, nous sommes d’accord. D’autres communes l’ont déjà fait comme par exemple, rien qu’en Morbihan : Séné, Locminé, Langonnet, Cléguerec, Quistinic, Hennebont, Lanester et Lorient.

Pour que la France respecte ses engagements, chacun doit y prendre part et Vannes doit y prendre toute sa part. Je rappelle que les engagements de la France ne portent pas que sur la baisse des émissions de GES, mais également sur l’augmentation de la part des énergies renouvelables et sur la réduction de la consommation d’énergie primaire. Pour cela, les mesures phares sont principalement la rénovation des bâtiments existants, l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments neufs, le développement des transports propres, la lutte contre les gaspillages et la promotion l’économie circulaire.

Sur tous ces sujets, une ville peut agir. Vannes peut agir, de notre point de vue, Vannes doit agir plus.

Nous sommes donc favorables à soutenir la démarche du pacte finance-climat mais nous souhaitons, car il faut être cohérent avec cette démarche, que la ville de Vannes s’engage plus fortement dans la performance énergétique des bâtiments, qu’elle aide au développement des transports propres, qu’elle s’engage dans l’économie circulaire et le développement des énergies renouvelables.

Pour notre groupe, face au dérèglement climatique, que j’espère ici plus personne ne conteste, il est urgent d’agir et la politique de la ville se doit d’être dans tous les domaines en cohérence avec les mesures que je viens de rappeler.

Franchement, la maison brûle, et il n’est plus temps de regarder ailleurs.

Leave a Reply