Radon, plomb… : lettre ouverte au Maire de Vannes sur la santé des enfants et des personnels dans les écoles vannetaises

Vannes, le 24 novembre 2019

Monsieur le Maire,

Ces derniers jours, certaines informations relatives à des enjeux de santé publique dans les écoles de la ville ont été exposées par la presse et suscitent de légitimes inquiétudes aussi bien chez les parents que chez les personnels. D’autres, que nous avons découvertes par différentes sources, interrogent quant à l’incompréhensible négligence dont vous faites preuve face à ces sujets de première priorité. 

Une nouvelle fois, l’opacité qui règne au sein de la Mairie doit être dénoncée avec vigueur. S’agissant de la présence de plomb dans l’eau de robinets de l’école Sévigné, comment se fait-il que les parents et les personnels aient eu connaissance des résultats des analyses un an après les travaux commandés (par une ville qui était donc préalablement informée, au moins dès 2017, du taux anormalement élevé de plomb) ? Comment se fait-il qu’ils aient dû attendre encore une année supplémentaire pour n’obtenir qu’en octobre 2019 des informations de la part de vos services ? Comment se fait-il que la situation n’ait toujours pas été réglée alors que deux années se sont écoulées ? Comment se fait-il que la ville ne dispose pas du plan de l’école municipale Sévigné ? Et comment se fait-il que les élus municipaux n’aient à aucun moment été mis au courant des analyses réalisées et des travaux engagés alors même qu’il s’agit d’un équipement municipal et que votre responsabilité est directement engagée ? 

Alertés par des parents d’élèves sur l’enjeu du radon, nous avons par ailleurs pris connaissance, sur le site Internet de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, d’un courrier (https://www.asn.fr/content/download/156198/1535691/version/1/file/INSNP-NAN-2018-0731.pdf) qui vous a été adressé en date du 21 février 2018 et dans lequel nous apprenons que « certains établissements connaissent des dépassements du niveau d’action de 400 Bq/m3 pour lesquels la ville de Vannes n’a pas entrepris les actions exigées dans les délais » et que « la ville de Vannes n’a jamais réalisé de diagnostic approfondi permettant d’identifier la source ainsi que les voies d’entrée et de transfert du radon pour proposer des travaux adaptés dans les bâtiments ayant fait l’objet de dépassements persistants du niveau d’action » ! Il est également écrit que les inspecteurs de l’ASN ont identifié « l’absence de travaux ou des travaux inefficaces ». 

Les inspecteurs de l’ASN ont ainsi « constaté que neuf établissements d’enseignement étaient concernés par au moins un dépassement du niveau d’action de 400 Bq/m3 (et tous inférieurs à 1 000 Bq/m3) à l’issue de la campagne de mesure de 2012 et que la ville de Vannes ne disposait d’aucune preuve permettant de justifier la mise en œuvre d’actions simples suite à la réception de ces rapports dans ces neuf établissements » !

Nous découvrons également dans ce courrier que le registre radon, pourtant prévu par l’arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public, n’était pas constitué ! Rappelons tout de même qu’il devait être mis à disposition des chefs d’établissement, des représentants du personnel, des médecins du travail et des médecins de prévention et des personnes fréquentant les établissements… De la même façon, nous apprenons que l’inventaire des activités ou catégories d’activités professionnelles répondant aux critères de l’article 2 de l’arrêté du 7 août 2008 relatif à la gestion du risque lié au radon dans les lieux de travail n’avait pas été établi !

Alors même que l’article 6 de l’arrêté du 7 août 2008 prévoit un renouvellement au minimum tous les cinq ans des mesures de l’activité volumique du radon dans les lieux de travail, les inspecteurs de l’ASN ont noté que les mesures réalisées en 2005 et en 2006 n’avaient « pas été renouvelées ». 

Ces graves manquements concernant des problèmes de santé publique pour les enfants et pour les personnels ainsi que l’opacité qui les entoure sont parfaitement inacceptables. Comment se fait-il que ces données et documents n’aient, notamment, jamais été communiqués aux élus municipaux ? Ces nombreux manquements et cette négligence caractérisée inquiètent d’autant plus que le décret n°2018-434 du 4 juin 2018 a notamment élargi la surveillance des établissements recevant du public aux crèches et a abaissé le seuil de gestion de 400 Bq/m3 à 300 Bq/m3, ce qui devrait augmenter le nombre d’établissements concernés à Vannes. 

La sensibilité de ces questions exige une totale transparence, une réactivité immédiate et une concertation permanente, l’exact contraire de votre gouvernance sur ces sujets comme sur bien trop d’autres. Nous vous demandons par conséquent de rendre publics, dans les plus brefs délais et sur le site Internet de la ville, l’ensemble des documents, courriers, analyses et plan d’action correctif relatifs à ces enjeux de santé publique dans les établissements recevant du public. Nous vous demandons également de mettre ce sujet à l’ordre du jour des prochaines commissions municipales et du prochain conseil municipal. Les familles vannetaises, les personnels et les citoyens dans leur ensemble ont le droit de savoir ce qui se passe dans les écoles vannetaises et la manière dont la ville remplit ses obligations ! 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre sincère considération.

Pour “L’ALTERNANCE”

Simon UZENAT – Micheline RAKOTONIRINA – Christian LE MOIGNE – Franck POIRIER – Roland FAUVIN

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