« Vidéosurveillance à Vannes : la technologie ne remplacera jamais l’humain »

Communiqué de presse du 21 janvier 2018

Lors de la cérémonie des vœux du Maire, nous avons découvert que David Robo entendait augmenter encore le nombre de caméras de vidéosurveillance par rapport à la décision du conseil municipal, en septembre 2016, de passer de 31 à 75 caméras d’ici 2019. Là encore, préalablement à cette annonce, aucune discussion n’a eu lieu en commission et en conseil municipal. Comme toujours, les élus municipaux, quelle que soit leur sensibilité, n’ont aucune place dans cette gestion chaque jour plus autocratique de la ville de Vannes.

Cette annonce soulève de nombreuses interrogations. Tout d’abord sur le financement alors que les 1,4 millions d’euros évoqués ne correspondent qu’aux premières tranches d’extension initialement prévues sur la période 2016-2019. Le surcoût de la tranche supplémentaire annoncée par le Maire lors de ses vœux s’élèvera en effet à près de 400.000 euros.

Ensuite, une interrogation sur son efficacité à long terme car, contrairement à ce que déclarait le Maire il y a moins de dix-huit mois, la vidéosurveillance entraîne un report de la délinquance sur les zones non équipées. Le déplacement du trafic de stupéfiants à Ménimur en constitue malheureusement une preuve édifiante, tout comme sa persistance à Kercado malgré plusieurs caméras…

David Robo ne doit pas s’exonérer de ses responsabilités alors que le Contrat Local de Sécurité, dont il est le coordinateur, est périmé depuis neuf longues années et que le diagnostic sur lequel il reposait a été réalisé il y a onze ans ! Nos rappels incessants pour relancer une grande mobilisation de tous les acteurs concernés (police nationale et municipale, justice, services sociaux, associations…) sont à ce jour restés lettre morte. En outre, contrairement à la promesse électorale du Maire, la police municipale est toujours en sous-effectif chronique par rapport à d’autres villes de même taille.

Si nous considérons que la vidéosurveillance peut s’avérer utile, elle ne représente qu’un outil qui doit s’inscrire dans une stratégie globale seule à même de garantir durablement le droit à la sécurité pour tous les Vannetais dans tous les quartiers. La priorité doit être donnée à la présence humaine, tant en matière de prévention que de répression : des renforts suffisants en nombre pourraient ainsi permettre d’assurer un îlotage effectif et d’augmenter l’amplitude de service de la police municipale, notamment le soir et la nuit. Par ailleurs, où en est la candidature de la ville de Vannes pour l’expérimentation de la police de sécurité du quotidien proposée par le Gouvernement ? Nous demandons donc une nouvelle fois au Maire de lancer rapidement le chantier d’élaboration d’un nouveau contrat local de sécurité et de bien vouloir communiquer aux élus municipaux l’étude de la police nationale sur l’efficacité de la vidéosurveillance à Vannes ainsi que la convention communale de coordination de la police municipale et de la police nationale, deux documents qu’il refuse de communiquer malgré nos demandes répétées depuis plusieurs années.

Pour “L’ALTERNANCE”
Simon UZENAT – Christian LE MOIGNE – Micheline RAKOTONIRINA – Franck POIRIER – Roland FAUVIN

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